Mascotte_TATA

Décembre   Dès 8 ans

IL A BEAUCOUP SOUFFERT LUCIFER

Création 2021 - Cie Si sensible
Durée 1h

Tout part de… de quoi au fait ? Comment expliquer la descente aux enfers de Lucifer ?
Bouc émissaire de la cour de récré, il subit chaque jour les assauts de son ex-meilleur ami Gabriel qui, loin d’être angélique, fait preuve d’une cruauté aussi inventive qu’hilarante.
Rien ne sert de sortir les cornes : avant de contre-attaquer, mieux vaut jauger l’ennemi…

Texte : Antonio Carmona

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Une divine comédie à hauteur d’enfant

Jouer Il a beaucoup souffert Lucifer, en restant ancré dans ses baskets ça ne suffit pas.
Pour faire entendre les mots, l’humour et la situation de la pièce, il faut pouvoir mouiller son maillot, son short et son slip.
C’est presque du cirque.
Du cirque avec les mots. Pour les acteurs, il faut être un peu fou. Aimer le sport, l’athlétisme. C’est une course.
Une course effrénée dans laquelle il faut savoir s’amuser, rire de soi, oser être ridicule, ne jamais s’arrêter, faire monter la sauce à la manière d’un danseur de flamenco…Et puis redescendre en toute humilité… Ouvrir les espaces sensibles… Et puis remonter encore !

Pour la metteure en scène que je suis, au contraire, il m’a fallu rester bien zen, j’ai dû me résoudre à être minimaliste.
Car tout est déjà là, dans les mots, il n’y a rien à inventer, juste à révéler. C’est pour cela, il me semble, que ce spectacle ne s’embarrasse pas d’un véritable décor.
J’ai choisi d’utiliser seulement deux tables et quatre chaises comme à l’école.

Grâce à ce format très carré, le plaisir est au dérapage, dès qu’on le souhaite et le plus souvent possible la contrainte est contournée et transporte les spectateurs à l’intérieur d’un imaginaire excentré… Il suffit d’une coiffure déjantée, d’un élan impromptu, d’une fulgurance dans la langue, pour que le format explose et que l’on plonge dans un spectacle où les acteurs se jouent de la partition avec panache… en laissant l’histoire sur le rang du devant.

Un mot pour finir. Harcèlement.

Oui, Il a beaucoup souffert Lucifer traite du harcèlement scolaire. C’est un sujet, forcément, qui sera abordé en fin de représentation et dans nos échanges avec les enfants et les adultes autour du spectacle. Loin d’occulter ce sujet-là, j’ai cependant le souhait de ne pas « thématiser » outre mesure le spectacle. D’échapper à cet écueil. Car ce n’est pas un texte « à thème ».

Bien-sûr le harcèlement est au centre de ce qui est raconté, mais il côtoie bien d’autres sujets délicats et sensibles qu’il ne saurait éclipser à lui tout seul. La défaillance de certains adultes, l’amitié, les relations amoureuses, la famille, la mort, la résilience, le génial…

Mélissa Zehner, metteure en scène

Tarifs par personne

Plein > 8 €
Adhérent > 6 €
Réduit > 6 €
Plus d’infos >

Applicables aux adultes ET aux enfants

 

TOUT PUBLIC
Ven 17 déc 19h
Réserver

SCOLAIRES
Jeu 16 déc 10h + 14h30

Organisation : Très Tôt Théâtre

Distribution

Écriture : Antonio Carmona

Mise en scène : Mélissa Zehner

Jeu : Rémi Faure, Léa Ménahem, Lucile Tèche et Valentin Clerc

Scénographie et costumes : Analyvia Lagarde

Création sonore : Margaux Robin

Création lumière : Marie-Sol Kim

Régie de tournée : Shadé Mano

 

Production : Compagnie Si Sensible

Co-production : Espace 600 à Grenoble, Très Tôt Théâtre Scène conventionnée Art Enfance Jeunesse de Quimper, Théâtre Joliette Scène conventionnée art et création expressions et écritures contemporaines à Marseille.

Avec le soutien de La Minoterie de Dijon.

L’écriture de Il a beaucoup souffert Lucifer a bénéficié du soutien de la Région île de France dans le cadre d’une résidence d’auteur de longue durée à Bagnolet pour la saison 2018-2019.

Le projet est également lauréat du dispositif « Création en cours » piloté par les ateliers Médicis et financé par le ministère de la Culture.

Le texte Il a beaucoup souffert Lucifer est publié aux Editions Théâtrales Jeunesse

 

Crédits photos spectacle : Christophe Raynaud de Lage

Le Dauphiné libéré – Serge Massé – Mars 2020

 » Un spectacle ébouriffant par son humour, son énergie et ses messages.
Le sujet est intemporel et d’actualité, puisqu’il s’agit d’une déclinaison sur le thème du harcèlement, magnifiquement interprétée par des comédiens excellents, bourrés d’énergie et de talent.
La pièce, avec un humour toujours présent, reste d’un optimisme évident.
Les jeunes ont plébiscité la représentation. »

 

A propos du texte :

Télérama – Michel Abescat – octobre 2020

“Il a beaucoup souffert, Lucifer”, une pièce poétique sur le harcèlement à l’école.
Un enfant vit l’enfer dans la cour de l’école. Et en plus, son bourreau le surnomme Lucifer. Antonio Carmona n’accable pas, mais invite, dans ce drame nuancé, à réfléchir et à réagir.
Dans la cour de récréation, Lucifer vit l’enfer. «Sans-ami-fixe», il subit chaque jour les assauts de son ex-meilleur ami, Gabriel. Celui qui l’a surnommé «Lucifer» et en fait chaque jour la risée de l’école.
Et même de la maîtresse, Madame Mademoiselle, trop occupée de son image pour comprendre quoi que ce soit au film.

Et ainsi va cette pièce, en équilibre magique entre l’ombre et la lumière, le rire et les larmes. Difficile de résister au ressort de ce texte, à sa légèreté poétique, à ses jeux avec les mots, à son débordement d’images et de métaphores. Malgré la gravité de son sujet, le harcèlement scolaire, la violence de certaines de ses scènes et sa manière frontale de montrer la cruauté et la lâcheté des autres élèves, dont aucun ne s’interpose.

Mais la pièce n’accable pas. Bien au contraire. Elle invite à réfléchir et à réagir.
En particulier quand Lucifer comprend que c’est peut-être Gabriel qui va le plus mal…
Tous les personnages sont intéressants, par leurs nuances et leur complexité.
Mention spéciale à Madame Mademoiselle, navigant dans cet entre-deux, narcissique et joyeusement foldingue.

Antonio Carmona a un propos et un regard, son travail mérite l’attention. Et la lecture de sa pièce, fluide et enlevée, est abordable dès l’âge de ses héros, tous en CM2.

 

La revue du Centre National de la Littérature pour la Jeunesse – Sybille Lesourd – décembre 2020

Même s’il est question de harcèlement, on ne larmoiera pas dans cette pièce d’Antonio Carmona. On assistera, hilares, au numéro de « Madame Mademoiselle », maîtresse de CM2 plus soucieuse de son joli nombril que de ses jeunes élèves. On s’étonnera de la cruauté inventive de Gabriel, ancien meilleur ami du héros de la pièce, qui a su convaincre tout le monde de faire de ce dernier un souffre-douleur. Mais pourquoi, au fait ? A travers le regard de Lucifer, victime innocente et réfléchie, on avance pas à pas vers le déchiffrement d’une énigme : d’abord égarés par une histoire enfantine de doigt dans le nez, on découvrira que le harcèlement a pris racine, plus subtilement, dans une jalousie amoureuse inavouée.

Ainsi, sous des dehors loufoques, ce texte recèle une vraie profondeur psychologique.

 

La revue Lecture – Aude Biren – décembre 2020.

La voix du personnage relate ce qui lui arrive en alternant récit et dialogues théâtraux classiques. Le lecteur se retrouve ainsi témoin direct de ce que vit Lucifer. Mais un des grands intérêts de ce texte réside dans le fait d’aborder un sujet très sérieux avec toute la légèreté des enfants, voire avec humour. Rien de simpliste dans la psychologie des personnages : la grand­-mère est très fragile, l’institutrice a elle­-même des traumatismes et Gabriel, chef de file du harcèlement, semble profondément malheureux. […] Le ton humoristique, les situations réalistes mais surtout l’exposition de la mécanique des humiliations, de ses incidences comme de l’ineptie de son point de départ, sont tout à fait pertinents au collège. Si la fin peut sembler naïve, elle a le mérite de prôner une possible résolution grâce à la parole et laisse la porte ouverte à une transformation positive des harceleurs.