Novembre   Dès 9 ans

Théâtre

ON NE DIT PAS J’AI CREVÉ

Enora Boëlle - Le joli collectif
Durée 1h

D’emblée, Enora nous annonce son décès. Si son cœur est à l’arrêt, son regard, lui, reste vif, tendre et amusé quand il se pose sur « ses vivants » embarqués dans le grand huit des émotions et des souvenirs. On ne dit pas j’ai crevé parle de la mort, sans détour ni tristesse, avec un petit sourire en coin pour aider à l’apprivoiser et, ainsi, se donner une chance de mieux vivre.

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Oui, il y aura une fin, ça c’est écrit. Mais on ne sait pas laquelle, et pour moi c’est aujourd’hui.
On n’a pas l’habitude de dire au revoir aux gens après qu’ils soient partis. D’habitude on se débrouille pour faire ça quand ils sont encore là. Mais on va essayer quand même, on va essayer de se dire aurevoir, pour que vous acceptiez que je parte, et que je ne revienne pas.

Et si on commençait par la fin ? Qu’est ce qui se passe quand la machine s’est arrêtée ? Le cœur, la respiration, la pensée.
Imaginons qu’on regarde ça d’ailleurs, comme un témoin invisible, dénué́́ de toutes sensations. Pas de cris, pas de larmes mais un œil nouveau et parfois amusé sur la fin de la vie. Et si on se disait que regarder tout ça en face nous permettait de mieux vivre ?

Une table en inox, un drap or, une enseigne affichant le mot FIN au-dessus de sa tête, c’est dans cet espace clinique qu’une défunte toute fraiche virevolte. Entre l’annonce de son décès par le médecin, les soins de la thanatopractrice, une visite au funérarium avec le conseiller et la cérémonie d’aurevoir, On ne dit pas j’ai crevé propose une expérience pour apprivoiser la mort, accepter de vivre avec, sans pathos, avec joie et résilience.

Tarifs par personne

Plein > 8 €
Adhérent > 6 €
Réduit > 6 €
Plus d’infos >

Applicables aux adultes ET aux enfants

 

TOUT PUBLIC
Ven 25 nov 19h
Réserver

Scolaires
Jeu 24 nov 14h30
Ven 25 nov 14h30

Organisation : Très Tôt Théâtre

Crédit photos : Margaux Vendassi / Marine Prunier

Concept, jeu et mise en scène : Enora Boëlle

Texte : Robin Lescouët et Enora Boëlle

Assistante à la mise en scène : Marine Prunier

Création musicale : Rouge Gorge

Création lumière : Anthony Merlaud

Costumes : Angèle Micaux

Scénographie : Enora Boëlle et Robin Lescouët

Construction décors : Alexandre Musset et Alan Floch

Régie lumière & son : Anna Geneste ou Caroline Gicquel

Appui philosophique : Hélène Réveillard

Regards extérieurs ponctuels : Marion Delabouglise et Vincent Collet

Production et diffusion : Elisabeth Bouëtard et Rachel Dufief

 

Production : Le joli collectif / Théâtre de Poche – Scène de territoire pour le théâtre, Bretagne romantique & Val d’Ille – Aubigné

Coproduction : Lillico – scène conventionnée d’intérêt national art, enfance, jeunesse – Rennes / La Paillette – Maison des Jeunes et de la Culture – Rennes / Chez Robert – Centre Culturel de Pordic  /  Communauté de Communes Erdre & Gesvres

Avec le soutien du Théâtre du Cercle – Rennes / du Théâtre Dunois – Paris.

Ce projet a reçu l’aide à la production du Ministère de la Culture – DRAC Bretagne.

 

 

LA BOÎTATOU DU SPECTACLE : à destination des enseignants et animateurs.

Enora Boëlle – Le joli collectif – ON NE DIT PAS J’AI CREVÉ

Article dans Télérama – Automne 2021
3 T
Françoise Sabatier-Morel

Taboue, la mort ? Sans jamais prononcer le mot, le personnage raconte, telle une Alice passée de l’autre côté du miroir, son corps sans vie. Témoin de son trépas, la jeune femme observe avec étonnement et détachement le cœur arrêté, les poumons dégonflés, le cerveau inactif, mais aussi les autres et leurs réactions pendant les étapes du deuil : le médecin légiste, la thanatopractrice, les proches et les moins proches. Sans pathos, avec même un brin d’humour, cette création va chercher son matériau du côté de l’autobiographie et utilise, avec les codes du théâtre, le concret descriptif, la fiction et le fantastique. Enora Boëlle (conceptrice et interprète), sur une scène presque nue, joue avec ce corps qu’elle dit inerte, aborde son sujet avec une parole simple, délicate et un regard distancié. Captivés ou émus, les spectateurs (enfants comme adultes) traversent ce moment de théâtre comme une expérience forte, belle ; nécessaire.

 

Article dans La muse – Automne 2021
Titre : « On ne dit pas j’ai crevé, la mort sans tabou avec pudeur et douceur, une pépite ! »
Isabelle d’Erceville

La jeune femme sur scène, co-autrice et comédienne, vient de mourir, elle décrit avec simplicité et pudeur ce qui lui arrive. Le dialogue s’instaure avec les enfants et les adolescents. Ici, tout est abordé simplement de manière chronologique, sincère et concrète. Que devient le corps dans les minutes qui suivent l’arrêt du cœur ? Quels sont les actes que l’on accomplit ? Que se passe-t-il dans une chambre funéraire ? Autant de questions mystérieuses pour les enfants, les jeunes, voire les adultes, le sujet reste tabou dans les familles.

Quand cela provoque les émotions parmi les spectateurs, celle-ci est libératrice. Le public scolaire, petits et grands, est concentré, il écoute, visiblement le sujet l’intéresse. Rien de morbide ou de macabre, mais un humour qui permet d’oublier la rudesse du sujet. Au final, une belle chanson affirme « je vais devenir un petit morceau de chacun d’entre vous », une belle manière de faire revivre ceux que l’on aime !

 

 

Article dans letheatre.online – Automne 2021
Titre : Festival « Marmaille en fugues » de Rennes : On ne dit pas j’ai crevé. »
Laurent Schteiner

Enora Boëlle nous a présenté un spectacle atypique destiné aux enfants dès 9 ans, On ne dit pas j’ai crevé. Cette création originale met l’accent sur la question de la mort dans notre société. Dans un solo étonnant, Enora Boëlle brise ce tabou en mettant des mots sur cette partie conclusive de notre existence.

Equilibre périlleux s’il en est, Enora Boëlle présente avec brio ce spectacle de façon factuelle. Que se passe-t-il quand tout s’arrête ? Ce faisant, elle met des mots sur la mort poussant à la désacralisation. Les enfants et les adolescents disposant moins de pudeur à ce sujet que leurs ainés sont plus réceptifs à cette réflexion. Notre société a trop tendance à enfermer la mort dans un carcan qui emprisonne la parole. Le verbe est important pour faire un deuil. Pleurer le défunt devient le passage obligé pour continuer à vivre à travers les souvenirs que l’on a partagés avec lui.

Ce spectacle renvoie à nos peurs, nos résistances à parler et au lâcher-prise. Enora Boëlle déroule son spectacle avec cœur en abordant cette fatalité de façon pragmatique. Son entreprise de désacralisation est libératrice et touche le public. L’émotion qui se dégage est palpable de part et d’autre de la scène. Une compréhension mutuelle bouleversante s’opère en laissant les émotions enfouies se libérer. La puissante pédagogique est telle qu’elle s’affranchit de toute pudeur ou de résistances jetant un pont sur un mieux vivre salutaire. La réussite de ce spectateur étonnant tient à la qualité de la mise en scène qui déroule ce processus de mort de l’être humain. L’absence d’un cadre dramatique théâtral soulage paradoxalement la parole en touchant chacun de nous au plus profond. Se sentir vivre en parlant de la mort, quoi de plus naturel !

Article dans arts-chipels.fr – Automne 2021
Titre : Marmaille, un festival de créations pour marmots de tous âges, mais pas que …
Sarah Franck

(…)
Le festival aborde aussi les sujets douloureux que les parents ont parfois du mal à traiter avec leurs enfants tel ce spectacle sur la mort à la fois drôle et poignant. Dans On ne dit pas j’ai crevé, destiné aux enfants à partir de 9 ans et présenté à des collégiens, Enora Boëlle met en scène une morte qui parle. Elle retourne le point de vue qu’on a habituellement sur la mort – celui des vivants, de ceux qui restent – en faisant décrire par la morte la manière dont elle perçoit les gens qui se pressent autour d’elle, dont elle voit les fausses tristesses et les vraies douleurs, le cérémonial dont elle est l’objet, le cycle de la vie qui s’achève.

Avec délicatesse et humour, elle offre aux spectateurs un moyen d’apprivoiser cet événement autour duquel les parents, bien souvent, tournent en périphrases en recourant aux métaphores. En appelant un chat un chat, Enora Boëlle démystifie la mort et la rend plus cernable.