Novembre   Dès 7 ans

Théâtre

PINGOUIN (Discours amoureux)

Création 2021 - Théâtre de La Tête Noire (la compagnie)
Durée 55 min

Si on jouait à l’amour ?

Pour Abélard, on ne badine pas avec l’amour. C’est du sérieux, c’est compliqué, ça se conjugue à l’imparfait.

Pour Amazone, l’amour c’est une grande fête foraine des sentiments : je t’aime, je ne t’aime plus. Ça va, ça vient. Comme sur un manège, ça vous fait tourner la tête, vous chatouille le bide. Ça se conjugue au présent, c’est léger… comme un jeu d’enfant.

Texte : Sarah Carré

 

AUTOUR DU SPECTACLE
Rendez-vous avec Sarah Carré, autrice du texte
Mercredi 17 novembre de 15h à 17h à l’Écri-Tôt
Gratuit

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Note d’intention

Les pommes d’amour et le diable au corps…

Quand j’écoute le texte de Sarah Carré, j’entends à la fois des enfants, des préadolescent.e.s et des jeunes adultes parce qu’il est question des prémices de l’amour et des premiers émois sensuels et un tout petit peu… érotiques.

Mais j’entends aussi des personnes âgées qui auraient gardé précieusement leur part d’enfance. J’entends toutes les histoires d’amour passées, présentes et à venir. Une cueillette de pommes d’amour à la grande fête foraine des sentiments-manèges, ceux qui tournent les têtes, vont et qui viennent, donnent le vertige et parfois le mal au coeur.

Je voudrais réussir cette gageure en compagnie des comédien.ne.s et de la créatrice de costumes, celle de dessiner des silhouettes inclassables, sans âge, ou plutôt les réunissant tous. Qu’on ne puisse dire à quelle catégorie de la vie appartiennent les personnages Amazone et Abélard : brouiller les pistes avec des accents juvéniles mêlés aux comportements de la maturité. Quelque chose d’indéfinissable… comme l’amour qui donne des ailes, comme les voyages qui forment la jeunesse, comme le chagrin qui fait vieillir, aussi.

La musique sera puisée dans les compositions musicales de Pascal Comelade qui, avec ses instruments-jouets, sait faire sonner les standards du rock comme ses propres morceaux et qui me bouleverse avec ses petits airs populaires, ses balades glamour ou ses haïkus sublimes autant que Nino Rota avec ses musiques de film.

Les deux interprètes travailleront le Lindy-Hop, pour que la gestuelle du spectacle en soit subtilement inspirée sans jamais être avouée comme performance ajoutée mais comme une évidence jusqu’à la danse finale qui devra être acrobatique, jouissive et endiablée… parce que l’amour met le diable au corps !

Patrice Douchet, novembre 2019

 

Propos de Sarah Carré

L’envie, avec Pingouin (Discours amoureux), est de partager avec les enfants une réflexion sur notre « mythologie de l’amour ». Des codes, des signes, des normes concernant l’amour ont été édictés, et continuent de l’être. Cette « doxa » à laquelle nous nous soumettons plus ou moins librement passe évidemment par l’image mais aussi et depuis toujours par le langage. Ce qui m’intéresse ici est donc de considérer comment les injonctions du collectif s’expriment, comment elles viennent perturber l’intime et la relation à l’autre.

On est nourri dès l’enfance de clichés qui nous poursuivent longtemps. On est confronté, dès l’adolescence, à des images stéréotypées de l’amour et de la sexualité parfois encombrantes. Et on peut être, encore à l’âge adulte, coincé entre le désir (normé ?) d’un amour idéalisé, sans fin et sans faille, et la revendication d’une liberté amoureuse… Dans quelle mesure les amours que nous vivons, à chaque âge, sont-elles des aventures seulement intimes et personnelles ?

Amazone et Abélard représentent deux conceptions de l’amour. Amazone incarne un amour léger, ludique, pragmatique, assez connu de l’enfance, mais qu’on retrouve aussi à l’adolescence et chez certains adultes. Un amour qui s’accommode bien de notre époque faite d’instantanéité, de satisfaction rapide… Amazone veut se trouver un amoureux, pour jouer mais aussi pour être comme tout le monde ; parce que la solitude c’est suspect ! Abélard incarne, quant à lui, un amour lesté, par l’expérience peut-être, mais aussi par d’autres stéréotypes issus de l’amour chevaleresque, romantique, de ses valeurs, de ses codes. L’amour passionné pour Abélard est le seul qui vaille, celui qui donne sens à la vie. Rien de moins ! Pour Amazone, l’amour est un ensemble d’actes qui se voient, qui font preuve. Pour Abélard c’est un ensemble de sentiments qui font sens. A ces deux visions de l’amour, correspondent deux langages qui doivent s’accorder pour s’entendre, se comprendre. Qui doivent peut-être même, paradoxalement, s’oublier…

L’ambition avec ce texte est également d’écrire une pièce qui mette en jeu avec jubilation une question complexe. La question est sans réponse, sans doute mais elle n’est ni triste ni sombre. Il s’agit de l’aborder avec une certaine légèreté et de la faire entendre avec humour. Le décalage entre les deux personnages doit créer du jeu. Du jeu théâtral et du « ludus ». Je souhaite m’amuser du langage amoureux et témoigner de son incapacité à dire, à un moment donné, ce qui s’éprouve. D’où l’envie de travailler sur des situations apparemment absurdes et, conjointement, sur un langage absurde qui dirait l’inanité du langage en ce domaine.

Tarifs par personne

Plein > 8 €
Adhérent > 6 €
Réduit > 6 €
Plus d’infos >

Applicables aux adultes ET aux enfants

 

TOUT PUBLIC
Dim 14 nov 17h
Réserver

SCOLAIRES
Lun 15 nov 10h + 14h30

Organisation : Très Tôt Théâtre

 

La compagnie a fait une vidéo spécialement pour VOUS à l’occasion de sa venue à Quimper !
UN OBJET QUI RACONTE LE SPECTACLE…

LA TÊTE NOIRE – LA COMPAGNIE

Texte : Sarah Carré
Édité aux Éditions Théâtrales Jeunesse
Mise en scène : Patrice Douchet

Avec : Fabien Casseau et Juliette Malfray
Assistanat à la mise en scène : Christel Montaigne
Scénographie : Anabel Strehaiano
Création costumes :  Adélie Antonin

Collaboration Lindy Hop :Nathaniel de Oliveira et Mélodie Gouel
Création lumière : Gilles Rodriguez
Création son : Raphaël Quédec
Régisseurs de tournée : Simon Laurent et Clément Laurent
Musiques issues de la discographie de Pascal Comelade
Bande-annonce : Arsene Chabrier

Production
La Tête Noire – La compagnie.

Coproductions
Théâtre de la Tête Noire-Scène conventionnée d’intérêt national Art et création, Théâtre de Chartres-Scène conventionnée d’intérêt national Art et création et Scène conventionnée d’intérêt national Art, enfance et jeunesse portée par Scène O Centre.

Soutiens
Maison du Théâtre d’Amiens, Très-Tôt Théâtre-Scène conventionnée d’intérêt national Art, enfance et jeunesse de Quimper, Espace Malraux de Joué-lès-Tours, Théâtre Massalia – Scène conventionnée d’intérêt national Art, enfance et jeunesse de Marseille et la Ligue de l’Enseignement, délégations du Cher et du Loiret.

Partenaires institutionnels
DRAC Centre-Val de Loire, Conseil régional du Centre-Val de Loire, Conseil départemental du Loiret et Ville de Saran

Le texte est lauréat des journées d’auteurs de Lyon et du texte jeunesse des EAT (Ecrivain.e.s associé.e.s du théâtre)